La Sonate du Silence Brisé
La Sonate du Silence Brisé
Il était une fois, dans l'amphithéâtre de la petite ville de Gémissements-sur-Mer, un silence si parfait qu'on aurait pu entendre une épingle tomber sur de la ouate. C'était la première du concours de "La Méditation la plus Profonde de l'Année", et l'air était rempli d'une solennité presque suffocante. Jean-Luc, assis au premier rang, sentit le moment propice.
"C'est vraiment silencieux ici," se dit-il, "je vais essayer de faire un pet silencieux..."
Il se pencha en avant, se concentra, et relâcha la pression. Un son, qu'il pensait être un murmure délicat, sortit de lui. Mais ce n'était pas un murmure. C'était une symphonie. Un bruit qui n'avait rien à voir avec un simple gaz, mais qui évoquait plutôt un solo de saxophone baryton, puissant, grave, et résonnant.
L'homme sur la photo, avec son crâne rasé et son t-shirt à flammes, l'incarnation même du bruit, sembla prendre vie dans l'esprit de Jean-Luc. Le "bruit" de Jean-Luc était le solo de l'homme sur la photo, le son de la rébellion contre le silence.
Le public, qui avait été figé dans la méditation, leva les yeux. Des regards de surprise, de confusion, et de choc se posèrent sur Jean-Luc. Le jury, composé de moines bouddhistes, le dévisagea avec un mélange d'émerveillement et de déception.
"Il a brisé le silence," murmura un moine, "mais d'une manière incroyablement musicale."
Jean-Luc, honteux et abasourdi, se leva, les joues rouges de confusion. Il savait qu'il n'avait pas seulement rompu le silence, il l'avait anéanti, l'avait remplacé par une mélodie inattendue.
Depuis ce jour, Jean-Luc n'a jamais participé à un autre concours de méditation. Mais on le retrouve souvent, assis seul dans un parc, le regard perdu, la tête remplie de la mélodie de son saxophone intérieur.

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