Le Déluge du Fairway et le Secret des Gants Secs
Le Déluge du Fairway et le Secret des Gants Secs
M. Archibald P. Fuddle, un golfeur dont le moral était aussi fluctuant que le score de ses adversaires, détestait la pluie. La pluie, pour M. Fuddle, était une conspiration cosmique destinée à ruiner son handicap. Ce matin-là, le ciel était bas, gris, et les premières gouttes, lourdes et froides, commençaient déjà à tomber sur le prestigieux parcours de "L'Étang des Soupirs".
« Formidable ! » grogna M. Fuddle à son caddie, un adolescent apathique nommé Kevin, dont l'unique compétence semblait être de trouver des balles dans l'eau. « Une journée de golf ruinée ! »
Dès le premier trou, tout alla de travers. Sa balle, trempée, ne fit que glisser sur le club et atterrit directement dans la poche de Kevin, qui ne le remarqua même pas. Au deuxième trou, son parapluie, vieux et fatigué, s'inversa sous une rafale de vent, le transformant en une sorte de fleur géante et inefficace. M. Fuddle, trempé jusqu'aux os, jura de façon colorée.
Au trou numéro trois, le vent redoubla d'intensité. M. Fuddle essaya de frapper sa balle, mais ses gants, glissants et gorgés d'eau, lui échappèrent des mains. Ils s'envolèrent, planèrent un instant au-dessus du green et, avec une ironie cruelle, atterrirent pile dans un nid de corneilles en colère. Les oiseaux, agacés par cette intrusion, se mirent à les picorer férocement.
« C'en est trop ! » rugit M. Fuddle, ses mains nues et froides. Il sentit le désespoir l'envahir. Il était trempé, furieux, sans gants, et sa partie était un désastre absolu. « Je n'y arrive pas ! Rien ne va ! »
Il baissa la tête, prêt à abandonner. Mais en regardant ses mains, quelque chose attira son attention. Ses mains, bien que nues, étaient étrangement... chaudes. Et elles brillaient d'une légère lueur verdâtre.
C'est là que le twist se produisit. M. Fuddle réalisa qu'il n'avait pas ses gants. Il portait en fait... des avocats. Oui, des avocats. Il avait accidentellement mis des avocats évidés et parfaitement adaptés à ses mains, au lieu de ses gants de golf habituels. Et ces avocats, étrangement, réagissaient à l'humidité.
Plus il pleuvait, plus les avocats devenaient... actifs. Ils émettaient une légère chaleur réconfortante et une prise absolument parfaite, comme s'ils étaient des super-gants high-tech. Non seulement ses mains étaient au sec et au chaud, mais la texture du fruit s'était modifiée pour lui donner une adhérence incroyable sur le club.
M. Fuddle leva les yeux vers le ciel, un sourire lent se dessinant sur son visage dégoulinant de pluie. Il prit son club, sentit la prise ferme et inattendue des avocats sur le grip. Il frappa la balle. Elle s'envola, traversa le ciel gris comme une comète, et atterrit parfaitement sur le green, à quelques centimètres du trou.
Kevin, qui venait de récupérer les gants déchirés des corneilles, regarda M. Fuddle avec des yeux ronds. M. Fuddle, rayonnant, le regarda en souriant. « Kevin, » dit-il, la voix pleine d'une nouvelle sagesse. « Il n'y a pas de mauvais temps, que de mauvais… choix de fruits pour tes gants. »
Sa partie continua sous le déluge. M. Fuddle joua le meilleur golf de sa vie, chaque coup étant un chef-d'œuvre. La pluie avait tout gâché, puis tout sauvé. Il avait découvert le secret des gants secs, et il n'avait jamais été aussi heureux de jouer sous la pluie. Le lendemain, le club de golf "L'Étang des Soupirs" vit apparaître une nouvelle mode : des golfeurs avec des avocats sur les mains, attendant le déluge.
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