Le Tournoi du Pixel Vert et du Ventriloque Maléfique
Le Tournoi du Pixel Vert et du Ventriloque Maléfique
Le Commodore 64 Club de Mini-Putt n'était pas un club ordinaire. C'était un lieu sacré où les graphismes étaient pixélisés à souhait, le son venait tout droit du SID-chip, et les balles de golf, bien que physiques, semblaient défier les lois de la physique comme dans un jeu vidéo buggé.
Eugène "Le Pixel Fou" Dubois, un virtuose du joystick et du putter, s'apprêtait à affronter son rival de toujours, le Professeur Alphonse "Le Glitch" Glitchy. Leur match était le point culminant du Tournoi annuel du Pixel Vert.
Le premier trou était un parcours "Arcade Classique".
La balle d'Eugène devait passer à travers des tuyaux verts (un clin d'œil à un célèbre plombier moustachu), éviter des blocs de briques volants, et atterrir dans un trou gardé par un singe géant qui lançait des tonneaux. Eugène frappa. La balle s'élança, mais au lieu de suivre le chemin, elle se mit à clignoter, devint transparente, traversa un mur, et ressortit de l'autre côté du parcours, faisant un "ding !" triomphant avant de rouler directement dans le trou.
« Glitch ! » s'écria le Professeur Glitchy, brandissant son putter comme une épée. « Tu as utilisé un code de triche ! »
Eugène haussa les épaules. « C'est la magie du 8-bit, mon cher. On ne peut pas contrôler les bugs. »
Le deuxième trou était le "Dungeon du Dragon".
La balle devait éviter des flammes crachées par un dragon pixélisé et des flèches tirées par des squelettes animés. Le Professeur Glitchy frappa. Sa balle, au lieu d'avancer, se multiplia en trois copies fantomatiques qui traversèrent le dragon sans encombre, tandis que la vraie balle, restée immobile, se mit à chanter l'hymne national du Commodore 64.
« Mais qu'est-ce que... ? » commença Eugène.
Soudain, une voix caverneuse et métallique, qui semblait venir de nulle part, résonna sur le parcours : « Attention, golfeurs ! Le parcours est hanté ! » C'était la voix du Ventriloque Maléfique, une entité invisible qui s'amusait à perturber les parties de mini-putt. Il était connu pour faire léviter les balles, changer les couleurs des trous, et donner des ordres aux oiseaux.
Le troisième trou était le "Labyrinthe Spatial".
Des astéroïdes en carton bougeaient de façon erratique. Eugène frappa sa balle. Le Ventriloque Maléfique intervint. La balle d'Eugène, après avoir frappé un astéroïde, commença à s'allonger, devenant un "serpent" qui s'étirait à travers le labyrinthe, ramassant des bonus en forme de pièces d'or virtuelles, avant de se rétracter et de tomber dans le trou avec un son de "Kaching !".
Le Professeur Glitchy, furieux, jura de se venger. Il frappa sa balle avec une rage folle. Le Ventriloque, riant diaboliquement, fit apparaître un petit écran de chargement au-dessus du trou. La balle du Professeur s'arrêta net, un message "LOADING..." pixélisé clignotant au-dessus d'elle. Elle ne bougea plus.
Le match devint une succession de folies. Les drapeaux se transformaient en épées laser. Les balles sautaient seules au rythme de la musique de Tetris. Des fantômes de Pac-Man hantaient les bunkers.
Au 18e et dernier trou, Eugène était à égalité avec le Professeur.
Le trou était un "Château Hanté". Eugène, d'un coup de génie inspiré par une vieille cartouche de jeu, frappa sa balle avec une telle force qu'elle traversa l'écran du terrain, déclenchant un "Game Over" géant en lettres rouges lumineuses, puis ressortit derrière le joueur du Professeur Glitchy et roula... directement dans la poche de son pantalon.
Le Ventriloque Maléfique, qui se révéla être la mascotte du club, une marionnette en forme de joystick géant, éclata de rire. « Bien joué, Eugène ! Tu as battu le jeu ! »
Eugène souriait. Il avait gagné non pas en respectant les règles, mais en les brisant, comme dans un bon vieux jeu Commodore 64. Et le Professeur Glitchy, après avoir trouvé la balle dans sa poche, jura de ne plus jamais se fâcher contre un bug.
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