La Chasse au Cinquième Élément

La Chasse au Cinquième Élément

Jean-Claude, employé modèle de la quincaillerie (d'où son gilet bleu), avait un seul regret dans la vie : rater la saison de chasse. Cette année, c'était terminé. Il s'était posté dans son mirador, au milieu de la forêt, avec son fusil, un modèle tellement démesuré qu'il avait dû le monter sur un petit chariot. Son objectif ? Ne rien manquer, sti.

La forêt était silencieuse, un silence que même un moine trouverait suspect. C'était le moment idéal pour Jean-Claude de faire le point sur les mystères de la vie, en particulier après avoir vu un documentaire étrange sur les Quatre Éléments.

— Alors, se dit Jean-Claude, les yeux rivés sur la canopée. J'ai la Terre sous mes bottes, l'Eau dans ma gourde, et le Feu dans mon allumette. Reste le Vent...

Il pensa à l'image qu'il avait vue : les haricots. Il se rappela l'énorme gamelle qu'il avait préparée la veille pour son déjeuner en forêt. Le Vent, il l'avait... en lui.

Il se pencha, se concentra, et, dans le silence religieux de la forêt, tenta de libérer le Vent de la manière la plus discrète possible. Mais comme on le voit sur le mème, son corps n'était pas fait pour la discrétion.

Le son qui s'échappa de lui n'était pas un simple bruit. C'était un SOLO DE SAXOPHONE BARYTON, puissant, gras, résonnant, comme si le colosse chauve et tatoué du mème avait surgi de nulle part pour donner une performance enflammée.

Jean-Claude, sous le choc, fit un bond. Le bruit était tellement fort qu'il créa une onde de choc. Son gigantesque fusil, déséquilibré, bascula.

BOUM !

Le coup de feu partit tout seul, mais au lieu de tirer une balle, la détonation, amplifiée par le solo de saxophone absurde, fit s'envoler quelque chose d'inattendu.

Ce n'était pas un cerf. Ce n'était pas un orignal. C'était la gamelle de haricots de Jean-Claude, qui, sous la pression combinée du Vent et de la déflagration, s'était transformée en projectile.

La marmite vola à travers la forêt, telle une fusée propulsée par l'absurde, et atterrit exactement sur la tête de l'agent de la faune, caché à quelques mètres de là, qui venait d'entendre le "coup de fusil".

L'agent, couvert de haricots, cria :

— Je t'ai ! Tu as tiré sur... sur mes haricots !

Jean-Claude n'a pas été arrêté pour braconnage. Il a été arrêté pour "agression à l'aide d'un projectile culinaire propulsé par un élément gazeux non identifié".

Depuis, Jean-Claude ne va plus à la chasse sans son masque à gaz et un petit harmonica, juste pour avoir une alternative musicale à son "Vent" personnel. Et les haricots sont interdits dans toutes les réserves de chasse du Québec.




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