La Revanche du Cadre de Porte : L'Époque des Cognements
La Revanche du Cadre de Porte : L'Époque des Cognements
Dans la petite ville de Cognements-sur-Tête, chaque maison possédait un secret inavouable : leurs habitants se cognent constamment la tête contre les cadres de porte. C'était une malédiction locale, transmise de génération en génération. Mais ce qu'ils ne savaient pas, c'est que ce n'était pas une malédiction. C'était une Revanche.
Tout a commencé avec Fernand, un cadre de porte en chêne massif, installé dans l'entrée du saloon "Le Colt Qui Fuit". Fernand avait enduré des décennies de coups, de frottements, de graffitis au couteau, et d'abus divers. Des cowboys ivres l'avaient cogné, des danseuses l'avaient frôlé avec leurs coiffures élaborées, et même le shérif (celui dont la photo de mariage avait été trouée par Flash McDraw) s'y était cogné la tête au moins deux fois par jour.
Un soir, après avoir subi le millième coup de tête de la journée (celui du Muet, qui avait oublié qu'il était trop grand), Fernand en a eu assez. Il a décidé qu'il était temps de se défendre. Il a développé une conscience.
Au début, ce n'était que de petites taquineries. Quand un habitant de Cognements-sur-Tête s'approchait d'un cadre de porte, celui-ci "gonflait" légèrement de quelques millimètres. Juste assez pour que la tête se cogne avec un BONK satisfaisant.
Le phénomène s'est étendu. Tous les cadres de porte de la ville, inspirés par Fernand, ont commencé leur rébellion silencieuse. Le matin, les gens sortaient de chez eux en se frottant la tempe. Au travail, ils entraient dans les bureaux en maudissant les architectes.
Les habitants étaient perplexes.
— C'est étrange, disait un villageois. J'ai l'impression que le cadre de ma cuisine se rapproche de moi.
— Moi aussi ! répondait un autre. Et il me regarde d'un air... vengeur.
Le jour où les cadres de porte ont commencé à bouger activement, ce fut la panique. Quand un certain Kevin (pas notre Kevin, mais un lointain cousin) a essayé de passer sous le cadre de sa chambre sans s'abaisser, le cadre s'est soudainement abaissé d'un coup, le frappant en plein front avec un CLAC ! retentissant.
Les cadres de porte ne se contentaient plus de "gonfler". Ils se déplaçaient, se tordaient, et parfois même, changeaient de matériau. Un cadre de porte de l'école s'est transformé en arc en ciel pour le rendre plus trompeur. Celui de la banque s'est transformé en une rangée de flingues pointés vers l'intérieur.
Le shérif (le même, toujours avec sa photo endommagée) a tenté d'enquêter. Il a interrogé les cadres. Ils n'ont pas répondu, mais celui du bureau du shérif s'est subtilement incliné, faisant tomber le portrait du Président sur sa tête.
La ville de Cognements-sur-Tête a fini par s'adapter. Les habitants ont développé des casques rembourrés sur mesure, des techniques de marche en crabe, et une peur irrationnelle de l'immobilier. Chaque fois qu'ils entraient quelque part, ils se courbaient en s'exclamant :
— Pardon, honorable Cadre de Porte ! Nous ne vous cognerons plus jamais !
Fernand, le cadre de porte original, observait tout cela depuis le saloon. Il avait gagné. Les humains avaient appris la leçon. Et parfois, quand personne ne regardait, il se gondolait de rire, un petit gniiik de chêne satisfait.
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