Le Café "Le Cri du Croissant" : Là où le Jazz a du Goût

Le Café "Le Cri du Croissant" : Là où le Jazz a du Goût

Après leurs aventures en Acadie et la folie chromatique, Kevin et moi avions besoin de calme. Un petit café jazz semblait l'endroit idéal pour se poser. C'est ainsi que nous avons découvert "Le Cri du Croissant", un établissement discret niché au fond d'une ruelle, à côté d'une boutique vendant des parapluies à l'envers.
Dès l'entrée, on a compris que ce café n'était pas comme les autres. Le fumet de café était normal, mais il y avait aussi une légère odeur de... carottes crues et de peinture fraîche.
La musique jazz flottait dans l'air, jouée par un trio :
 * Un pianiste aveugle qui jouait avec ses pieds.
 * Un bassiste qui utilisait une canne à pêche comme archet.
 * Une batteuse qui ne frappait que sur des ustensiles de cuisine et des noix de coco vides (qui faisaient un son étrangement mélodieux).
Kevin et moi nous sommes installés à une table. C'est là que la serveuse est arrivée. Elle était vêtue d'une jaquette d'hôpital à motifs flamants roses, ses cheveux longs étaient teints en sept couleurs différentes, et elle portait un badge de l'A.A.R. sur son tablier. C'était l'une des "coureuses en jaquettes" de notre aventure à l'hôpital.
— Bonjour ! a-t-elle dit avec un sourire énigmatique. Que désirez-vous dans notre havre de paix chromatique ? Le café standard ? Ou peut-être un "Espresso de l'Angoisse Existentielle" ?
J'ai opté pour un café normal. Kevin, plus audacieux, a demandé l'Espresso.
— Excellent choix ! a-t-elle lancé. Et pour l'accompagnement ? Un croissant nature ? Ou un "Croissant qui Murmure des Secrets" ?
Kevin a choisi le croissant qui murmurait des secrets.
Quand les commandes sont arrivées, le café normal était... normal. Mais l'Espresso de l'Angoisse Existentielle de Kevin était d'un bleu électrique, et une petite vague miniature (du genre de celles que Madame Léger repassait) flottait à la surface. Quand Kevin l'a bu, il a eu un frisson, puis a laissé échapper un petit soupir mélancolique.
Mais le plus étrange était le Croissant qui Murmurait des Secrets. Kevin l'a pris. Dès qu'il l'a approché de son oreille, il a entendu un chuchotement ténu :
— "Psst... la troisième fissure du plancher, près du rayon des pâtes chez Gontrand... elle n'est pas aléatoire... elle est sous contrat avec le cadre de porte..."
Kevin a reculé de surprise.
— C'est incroyable ! Il me révèle des vérités !
Le musicien à la canne à pêche a hoché la tête.
— C'est la magie du lieu, les gars. Ici, le jazz est si profond qu'il libère les secrets des objets. Et les pâtisseries, eh bien... elles parlent.
Soudain, une alarme a retenti. Ce n'était pas l'alarme incendie. C'était la sonnerie d'un téléphone portable. La serveuse a répondu.
— Oui, le Fou ! Oui, oui, la réunion de l'A.A.R. est à 19h ! Non, le Roi n'a pas encore retrouvé ses chaussettes.
Kevin et moi nous sommes regardés. Ce café n'était pas seulement bizarre, c'était un nexus de nos aventures passées.
Puis, une nouvelle odeur a envahi le café. Une odeur de haricots. Un vieux monsieur chauve et barbu, avec une veste de quincaillier, est entré, tenant une crosse de golf. C'était Barnabé, et il cherchait clairement la Bière Parfaite... ou un endroit pour allumer un feu miniature.
Le batteur a commencé un solo frénétique sur les noix de coco, la serveuse a fait un Rrrrrrr! de frustration, et Kevin, tenant son croissant qui chuchotait, a souri. Il avait trouvé son nouveau lieu de pèlerinage.

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