Le Commis en Folie : L'Attaque des Cadres Déguisés
Le Commis en Folie : L'Attaque des Cadres Déguisés
Le magasin "Chez Gontrand, le Roi du Rabais" avait un nouveau problème, plus sournois que les fissures vengeresses et moins odorant que les relents du Cinquième Élément : Maurice, le Commis en Folie.
Maurice était un commis modèle, mais il souffrait d'une obsession pour l'affichage correct des prix. Et pour lui, seul le carton pouvait traduire la vérité. Il portait en permanence d'énormes lunettes de carton faites maison, qui lui donnaient un air de robot mal réglé et qui masquaient une grande partie de son champ de vision.
Son nouveau champ d'action ? Les cadres de porte.
Kevin et moi étions de retour au magasin (nous cherchions des haricots, juste pour les étudier, pas pour les consommer, promis). Nous avions enfilé des patins à roulettes pour éviter de trébucher sur les Fissures Vengeresses, ce qui rendait nos mouvements imprévisibles, mais fluides.
Au rayon des produits laitiers, nous avons vu Maurice en action.
Il approchait du Cadre de Porte n°7, qui avait la réputation d'être particulièrement espiègle (il faisait semblant de s'incliner pour faire tomber les passants). Maurice, les lunettes de carton bien enfoncées, a sorti un rouleau de ruban adhésif rouge.
— Ce cadre... est nu. Il manque d'information, murmurait Maurice.
Maurice a alors commencé à coller sur le cadre de porte des encadrements de carton supplémentaires, ornés de flèches pointant dans toutes les directions.
* Une flèche disait : "Poussez doucement. Ou pas."
* Une autre : "Prix du passage : 0,00$. Sauf si vous trébuchez."
* Une troisième : "Attention : Le Vent est peut-être une symphonie. Mais ce cadre, c'est un percussionniste."
Le plus étrange, c'est que les flèches n'étaient pas toujours alignées avec les vrais bords du cadre. Avec ses lunettes de carton, Maurice avait créé une matrice d'encadrements illusoires.
Les clients qui tentaient de passer sous le Cadre n°7, déjà paranoïaques, étaient complètement désorientés.
Une dame, voyant une flèche pointant vers le bas, s'est accroupie pour passer. Le vrai Cadre de Porte, vexé par l'art de Maurice, a vibré, et la dame a glissé sur nos patins à roulettes.
Kevin a failli s'étouffer de rire.
— Il a créé un cadre de porte surréaliste ! Il nous force à nous cogner la tête même sans nous la cogner !
Maurice, satisfait de son œuvre, s'est attaqué au Cadre de Porte de la Salle 3 (où se tenait l'A.A.R.). Il l'a recouvert de rubans de prix et d'avertissements de garantie. Le cadre s'est mis à gémir doucement, la vengeance lui ayant été volée par l'excès d'information.
Soudain, Gontrand est arrivé. Le gérant, déjà à bout de nerfs, a vu le Cadre n°7 transformé en œuvre d'art de rue.
— MAURICE ! a hurlé Gontrand. QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE BORDEL CARTONNÉ ?
— C'est... c'est de l'Information Augmentée, Monsieur Gontrand ! a rétorqué Maurice, sans enlever ses lunettes. Je force le client à prendre conscience de l'encadrement !
Gontrand, voyant le chaos que Maurice et son carton créaient, a hurlé un Rrrrrrr! si puissant que les fenêtres ont vibré, surpassant même les cris de l'A.A.R.
Maurice, indifférent, a juste sorti une étiquette de prix géante et l'a collée sur le dos de Gontrand. L'étiquette disait : "PRIX DU DÉSESPOIR : 999.99$".
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